Rocky 4

Ce qu’il gagne en muscles, Rocky-Stallone le perd en synapses et l’assure en dollars. «Rocky I» était plus qu’un bon film c’était aussi le combat d’un petit qui voulait prouver qu’il pouvait faire du cinéma. Il en ressortait un film violent au sens noble, sensible, intelligent et quasiment marginal. Avec «Rocky 2 et 3» Stallone poursuivait sa démonstration payante et facile certes, mais plus vraiment authentique. Son Rocky commençait sérieusement à s’encrouter, à s’embourgeoiser et mises à part quelques prouesses sur le ring à base de ralentis bien calculés et de musique tonitruante les «Rocky 2 et 3» arrivaient difficilement à tenir la route.Rocky 4 Avec «Rocky 4», c’est l’Apocalypse. Dans sa villa ringarde d’une banlieue chic, Rocky s’empâte avec sa belle Adrian — l’amour toujours. Rocky fidèle à l’italienne — et son rejeton Rocky Junior (ce qui au-g ure certainement d’autres films à tiroirs à partir de l’an 2000). Comme il n’a plus rien à prouver, Rocky s’attaque à un boxeur, sorte de machine à tuer, quasiment programmé sur ordinateur. Rocky sortira vainqueur du combat, l’occasion de rouler des mécaniques et de montrer ses muscles luisants, et nous assènera pendant plus d’une demi-heure un couplet anti-soviétique primaire qui frise le grotesque. Spécialiste de l’économie du langage, Rocky nous révèlera quand même : «Love mec contre love meewaf» (traduction : «I love my country, I love mywife» c’est-à-dire «j’aime mon pays et ma femme »), et on peut se passer de ce spectacle pour aller voir et revoir «Rocky I», le seul, le vrai où Stallone ressemblait vraiment à un boxeur, pas à un boxer comme aujourd’hui. Il y a des légendes qui sont difficiles à mettre KO.

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