Comment choisir son appareil ?

Choisissez bien votre modèle

Le choix du modèle est capital. Andreas Bitesnich raconte dans l’interview qu’il nous a accordée pour ce billet, qu’au début, il choisissait à tort des modèles en se fiant à leur joli minois alors que pour le type de photos qu’il voulait faire, il avait plutôt besoin de corps élancés et de jambes fines … Si vous êtes comme lui et que vous voulez réaliser des vues sculpturales, des gros plans de corps, des contre-plongées graphiques, privilégiez le corps et la plasticité du modèle à son charme ou à son sourire. Pour ma part, je suis à l’opposé de Bitesnich. J’aime mieux un visage qui me séduit qu’un corps athlétique. J’ai besoin de pouvoir discuter avec le modèle, d’échanger des idées. Comme en reportage, en quelque sorte. Quelques rides, quelques plis, ne me dérangent pas. J’ai envie de rendre belles et séduisantes des femmes « normales », proches de celles que je pourrais rencontrer dans la vie.

A chacun son style, donc, mais dans tous les cas, votre modèle doit vous inspirer, surtout si vous êtes débutant. Vous devez être séduit par lui ou par elle et vous devrez lui dire pendant la prise de vue qu’elle (ou qu’il) est belle (ou beau). Pour cela, fuyez celles et ceux qui ne font ça que pour l’argent et qui vous montrent un book plein de photos aseptisées où les poses et les attitudes sont toujours les mêmes. Préférez un ou une proche qui s’amusera avec vous et qui ne regardera pas sa montre à tout moment. On trouve beaucoup plus facilement que l’on croit des modèles prêts à poser. Et évoquez tout de suite les questions pécuniaires, le nombre de tirages que vous offrirez et les questions des autorisations de publication et/ou d’exposition…

Dialoguez, expliquez votre style

Si votre modèle a déjà un book, cela vous donne une idée de sa photogénie, de ses goûts photographiques et de ses « possibilités ». 11 est important de ne pas demander à un modèle quelque chose d’incompatible avec son physique ou son psychisme. L’exemple le plus évident est celui de la souplesse du corps : si vous avez affaire à une danseuse ou une gymnaste, vous pourrez envisager des poses plus acrobatiques. Sinon évitez ! C’est vous qui allez diriger la manœuvre, mais le modèle doit être à l’aise.

Pour mieux connaître les goûts et la sensibilité artistique d’un modèle que vous rencontrez pour la première fois, vous pouvez lui montrer une sélection d’images de grands photographes que vous appréciez. Du Sieff, du Jonvelle, du Sauret, du Nan Goldin, du Araki, du Weston … A partir de ces exemples, vous verrez ce qu’apprécie votre modèle et ce qu’elle rejette. Vous verrez par exemple comment elle réagit devant des images plus osées plus intimes. Si elle les refuse complètement, oubliez ! Sinon, si elle comprend que cet érotisme-là n’a rien à voir avec de la pornographie, vous pourrez envisager des prises de vue plus décalées, plus osées.
La photo avec un modèle se fait à deux, mais c’est à vous de diriger la manœuvre. N’espérez pas que votre modèle pallie à votre manque d’idées ou d’expérience.
Autre possibilité: certains font des dessins préparatoires, d’autres découpent des images de magazines. Vous pouvez aussi montrer vos précédentes photos. Bref, nouez le contact et mettez le modèle en confiance.

Commencez par un intérieur confortable

Ne vous lancez pas directement dans la photo de nu en extérieur. C’est certainement l’exercice le plus délicat. En dehors des conditions climatiques (chaleur nécessaire) et de la tranquillité ambiante (il faut trouver un coin désert …), le nu en extérieur demande une grande expérience du modèle (c’est rarement confortable et vite salissant…) et un vrai talent de mise en scène du photographe. De plus, un corps nu dans un champ ou une rivière devient vite ridicule si la pose n’est pas très précise.

De même, à moins d’être un grand spécialiste du portrait en studio, je ne conseille pas de commencer par des photos devant un fond blanc avec des flashes. En effet, là aussi, il faut vraiment diriger le modèle et lui donner des consignes précises. D’autant que peu d’amateurs disposent de vrais studios spacieux. Le modèle ne peut donc évoluer que sur peu d’espace, d’où des photos « étriquées », vite stéréotypées et artificielles.
Non, pour débuter, je vous conseille de réaliser des photos dans un décor intérieur qui stimule votre imagination. Une belle chambre dans un hôtel rustique avec persienne, rideaux, vieux fauteuils, et ou à l’opposé un loft vide, graphique aux murs blancs avec des escaliers en colimaçon. Commencez par choisir un lieu qui vous « parle » et qui soit confortable pour vous et pour votre modèle. Ne négligez pas les grands miroirs, les salles de bains, autant d’espaces qui offrent des opportunités variées de cadrages.

Ne vous encombrez pas avec la technique

Pour vos premières séances, ne multipliez pas les embûches et les problèmes possibles. Choisissez un boîtier, deux au maximum. Préparez à l’avance vos films: ne multipliez pas les références, et les sensibilités, vous serez vite perdu. Anticipez sur l’éclairage et choisissez d’emblée une sensibilité de base. En n & b, le 100 ou le 400 ISO suivant les conditions de lumière. Le 3 200 ISO si vous désirez un rendu granuleux.
En négatif couleur, restez autour de 200 ISO en gamme amateur. Sinon essayez une Fuji Reala 100 ou un Kodak Portra 160 VC.
En diapo, la Fuji Astia 1 OOF est la plus fine et la plus fidèle pour les rendus chair. Mais n’hésitez pas à essayer les versions « tungstènes » : 64T chez Fuji, 320 T chez Kodak (voir page de droite). En numérique, à moins de vouloir un effet spécial, restez à la sensibilité minimale de votre appareil et pour la température de lumière, faites confiance à la balance automatique. Enregistrez l’image en Raw + Jpeg si possible. Suivant le lieu de prise de vue et votre style, un zoom 24-85 mm (ou équivalent) permet de tout faire ou presque. N’oubliez pas le 50 mm f: 1 ,8 si vous voulez travailler dans la pénombre ou si vous voulez réduire la profondeur de champ pour obtenir une image enveloppée. Les focales fixes restent à mon sens préférables aux zooms, autant pour leur qualité intrinsèque que pour leurs incidences sur votre comportement. En effet, là aussi, il va falloir chercher des angles, se déplacer et le zoom incite à la paresse! Pour ma part, je réalise toutes mes séances avec trois objectifs fixes: 35 mm, 50 mm et 85 mm.

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